Agressivité chez l'enfant

Agressivité chez l'enfant

Agressivité chez l'enfant

Texte théorique / Développement social et affectif, Agressivité

L'agressivité est un comportement qui est intentionnel et qui a comme objectif de porter atteinte à une autre personne ou à ses possessions (Bee et Boyd, 2008; Bourcier, 2008). L’agressivité est toutefois normale et elle est nécessaire à l’adaptation humaine.

Chez le jeune enfant, l’agressivité est particulièrement présente, car il ne maîtrise pas encore suffisamment le langage pour exprimer ses besoins et ses émotions dans le respect de l’autre. Cognitivement, à cause de l’égocentrisme de sa pensée, l’enfant a de la difficulté à se mettre à la place de l’autre. Cette situation augmente les risques de conflits. De plus, il n’a pas encore développé toutes ses habiletés sociales et des stratégies pour résoudre les conflits (Bourcier, 2008). Grâce à la socialisation, l’enfant manifestera de moins en moins d’agressivité et sera en mesure d’exprimer ses besoins et ses émotions, tout en respectant les autres (Bouchard et Fréchette, 2008).

L’agressivité se manifeste de différentes façons et est influencée par l’âge de l’enfant. Entre l’âge de 2 à 4 ans, l’agressivité est surtout physique et est à sa fréquence maximale (Bee et Boyd, 2008; Bourcier, 2008; Tremblay, 2008). Les déclencheurs sont multiples : dispute pour l’obtention d’un jouet, attendre son tour, conflit de territoire, difficulté d’exécuter une tâche ou le «non» de l’adulte (Bourcier, 2008). L’agression peut être proactive ou réactive. «L’agression physique proactive survient sans provocation apparente» (Tremblay, Gervais et Petitclerc, 2008, p.4). Ce type d’agression est habituellement instrumental car l’enfant l’utilise comme stratégie pour garder, obtenir ou détruire un objet, comme un jouet par exemple (Bee et Boyd, 2008; Tremblay, Gervais et Petitclec, 2008). L’agression physique réactive quant à elle «se manifeste en réponse à une menace perçue ou à une provocation, accidentelle ou délibérée» (Tremblay, Gervais et Petitclerc, 2008, p.4).

Le développement du langage et de la pensée ainsi que le développement des habiletés sociales influence à la baisse la fréquence des agressions physiques. Ces dernières diminuent pour faire place à des agressions verbales et indirectes (Bee et Boyd, 2008; Bouchard et Fréchette, 2008; Bourcier, 2008; Tremblay, Gervais et Petitclerc, 2008) .

Autour de l’âge de 3 ans, l’enfant utilise les mots pour exprimer ses besoins, mais aussi pour provoquer. Encore égocentrique, il éprouve de la difficulté à percevoir le caractère blessant des mots et de leur impact sur l’autre (Bourcier, 2008; Bouchard et Fréchette, 2008).

Entre l’âge de 4 à 8 ans, l’objectif des comportements agressifs change. En effet, l’agressivité devient hostile. Ce n’est plus l’objet qui est visé, mais l’individu: elle vise à blesser ou à dominer l’autre (Bouchard et Fréchette, 2008; Bourcier, 2008; Bee et Boyd, 2007). L’agressivité peut aussi être indirecte. Cette forme d’agressivité, plus complexe, commence vers l’âge de 4 ans (Bee et Boyd, 2008). Selon Tremblay, Gervais et Petitclerc (2008, p.4), elle «consiste à causer du tort à quelqu’un, soit en répandant des rumeurs à son sujetm en essayant de l’humilier, de le rabaisser ou de l’exclure du groupe.» Paradoxalement, le développement du langage et des habiletés sociales donne aux enfants une plus grande efficacité dans l’utilisation de ce type d’agressivité. Il semble que les filles aient davantage recours à cette forme d’agressivité (Tremblay, Gervais et Petitclerc, 2008).  

Références

Bee, Helen, et Diane Boyd. Les âges de la vie, 3e éd. Saint-Laurent, ERPI, 2008, 468 p.

Bouchard, Caroline, et Nathalie Fréchette. «Je socialise : Le développement socioaffectif de 3 à 5 ans», p. 265 à 304. Dans Le développement global de l’enfant de 0 à 5 ans en contextes éducatifs, sous dir. de Caroline Bouchard en collaboration avec Nathalie Fréchette, p.61 à 96. Québec : Les Presses de l’Université du Québec, 2008.

Bourcier, Sylvie. L’agressivité chez l’enfant de 0 à 5 ans. Montréal : Éditions du CHU Sainte-Justine, 2008, 213 p.

Cloutier, Richard, Pierre Gosselin, et Pierre Tap. Psychologie de l’enfant, 2e éd. Saint-Laurent : Gaëtan Morin éditeur Chenelière éducation, 2005, 559 p.

Tremblay, Richard E. Prévenir la violence dès la petite enfance. Paris : Odile Jacob, 2008, 269 p.

Tremblay, Richard E., Jean Gervais, et Amélie Petitclerc. Prévenir la violence par l’apprentissage à la petite enfance. Montréal : Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants, 2008, 32 p.

Auteur(s): 

Nathalie Fréchette et Paul Morissette

Ayant(s) droit: 

CCDMD

Date de parution ou dernière mise à jour: 

2017-12-21