Amitié et régulation des émotions à 7 ans

Amitié et régulation des émotions à 7 ans

Vidéo : Amitié et régulation des émotions à 7 ans
Vidéo : Amitié et régulation des émotions à 7 ans
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Amitié et régulation des émotions à 7 ans

Vidéo / 5-12 ans / Développement social et affectif, Amitié, Comportement prosocial, Habilité sociale, Régulation des émotions, Jeu, Relation avec les pairs, Ségrégation sexuelle

Plusieurs recherches ont montré que la compréhension des émotions est liée à de meilleures relations avec les pairs. Ceci inclut, entre autres : la capacité à comprendre que les émotions peuvent être feintes (Hubbard et Dearing, 2004), à identifier les émotions chez les autres, et à en comprendre les causes et les conséquences sur le plan du comportement (Deneault, Ricard, Quintal et Nader-Grosbois, 2011).

Quant à la régulation des émotions, Coutu et al. (2012) la définissent comme la capacité des enfants à « exercer un contrôle sur leur expérience émotionnelle » (p. 152). Les enfants réalisent avec l'âge qu'ils peuvent influencer ce qu'ils ressentent, à l'aide de comportements ou de stratégies cognitives. Par exemple, contenir leur colère lors d'une dispute ou penser à autre chose lorsqu'ils ont peur ou sont tristes.

Cette capacité à diriger son attention dépend des fonctions exécutives qui permettent de faire des efforts de contrôle volontaire, que ce soit pour inhiber une réponse indésirable ou pour la remplacer par une réponse plus appropriée. Elle augmente avec l'âge, à mesure que les enfants font des expériences avec leurs pairs et diversifient leurs interactions, et avec la maturation de leur système nerveux (Coutu et al., 2012).

À l'âge préscolaire, les amis sont des camarades de jeu. Dès 3 ans, les enfants montrent des préférences pour certains de leurs pairs (Boyd et Bee, 2017). Ceux qui commencent l'école, eux, voient la loyauté, la confiance et l'entraide comme des aspects importants de l'amitié (Bukowski, Clairneige et Meyer, 2009), qui s'appuie alors davantage sur la notion de réciprocité : on attend d'un ami qu'il partage les choses équitablement et qu'il soit sensible à nos sentiments (Poulin, 2012).

La probabilité qu'il y ait des amis mutuels, soit deux enfants se décrivant comme amis, augmente avec l'âge durant la période préscolaire et sera encore plus grande lors de la période scolaire (Boyd et Bee, 2017).

Paradoxalement, les enfants vivent aussi plus de conflits avec leurs amis qu'avec les autres enfants. Ceci s'explique, entre autres, par le fait que les amis passent plus de temps ensemble et se permettent davantage d'être critiques (Boyd et Bee, 2017) ou en compétition entre eux, surtout chez les garçons. Il est particulièrement intéressant de constater que si les conflits sont plus fréquents entre amis, les efforts et la façon de les résoudre diffèrent de ce qu'on observe dans les autres relations avec les pairs. Il y a plus de négociation ou de renoncement à gagner son point lorsque les conflits surviennent dans le cadre de la relation d'amitié. Il est aussi plus probable qu'il y ait une solution équitable au conflit entre amis (Rubin, Coplan, Chen, Bowker, et McDonald, 2011), le souci de conserver l'ami favorisant une affirmation de soi plus « contrôlée ».

Pour plus de détails, voir, sur le présent site, les textes théoriques suivants : [Théorie de l'esprit : Compréhension des processus mentaux, de sa pensée et de celle des autres et Le développement de la socialisation chez les enfants de 3 à 7 ans Mettre hyperliens ici].

Dans cette vidéo, Abdouraman, 7 ans, énumère plusieurs de ses amis : ce sont tous des garçons. Mais, interrogé à ce sujet, il nommera aussi une amie fille.

Lorsqu'il parle de son meilleur ami, Félix, il invoque, pour expliquer leur relation, le fait qu'il aime être avec lui, qu'ils se parlent et jouent ensemble.

Abdouraman possède de nombreuses stratégies pour régler ses conflits avec Félix, certaines apprises en classe : il s’excuse si c’est lui qui est en faute, demande (de plusieurs façons) à Félix d’arrêter ce qui lui déplait. Il est aussi capable d’identifier quand son ami est fâché. Il dit qu’il lui arrive de se calmer, de réfléchir à ce qu’il veut dire avant d’aller parler à son ami. Il montre ainsi une très belle capacité d’autorégulation. Abdouraman a confiance dans sa capacité à régler les disputes, avec tous les enfants : il dit toujours solutionner le problème.

Abdouraman montre une sensibilité quant à ce que son meilleur ami peut vivre. Si ce dernier a de la peine, il ira le consoler en lui demandant ce qui ne va pas, en l’encourageant ou en l’aidant à réussir ce qu’il trouve difficile. Il montre ainsi beaucoup de loyauté et de sensibilité envers son meilleur ami.

Il est à noter que ce meilleur ami, Félix, s’est fait poser les mêmes questions. Voir la vidéo suivante :[Relation d’amitié chez un enfant de 7 ans Mettre hyperliens ici] et a identifié Abdouraman comme son meilleur ami. Il s’agit donc d’une amitié mutuelle.

Références

Boyd, D. et Bee, H. (2017). Les âges de la vie (5e éd.). Montréal, Québec : ERPI.

Bukowski, W.M., Motzoi, C. et Meyer, F. (2009). Friendship as Process, Function, and Outcome. Dans K.H. Rubin, W.M. Bukowski et B. Laursen (dir.). Handbook of Peer Interactions, Relationships and Groups, 217-231. New York, NY : The Guilford Press.

Coutu, S., Bouchard, C., Émard, M.-J. et Cantin, G. (2012). Le développement des compétences socioémotionnelles chez l’enfant. Dans J.-P. Lemelin, M. Provost, G.M. Tarabulsy, A. Plamondon et C. Dufresne (dir.), Développement social et émotionnel chez l’enfant et l’adolescent, les bases du développement, 137-183. Québec, Québec : Presses de l’Université du Québec

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Auteur(s): 

Nathalie Fréchette et Paul Morrissette

Ayant(s) droit: 

CCDMD

Date de parution ou dernière mise à jour: 

2018-04-20

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