Développement du langage de 2 à 5 ans

Développement du langage de 2 à 5 ans

Développement du langage de 2 à 5 ans

Texte théorique / 2-5 ans / Communication et langage, Langage expressif, Langage réceptif, Phonologie, Sémantique, Syntaxe

Le présent texte porte sur les seuls aspects illustrés par des vidéos sur le site. Pour un aperçu complet de la question, consulter les documents en référence.

Entre l’âge de 2 et 5 ans, le langage se développe rapidement. Il y a d’énormes différences individuelles dans cette évolution et l’enfant comprend toujours plus de mots qu’il peut en employer : le langage réceptif précède le langage expressif. Pour plus de détails sur ces deux formes de langage, voir le texte théorique Développement du langage : facettes et composantes.

De 2 à 3 ans
L’enfant emploie au moins 100 mots et en comprend plus de 700 (Bouchard, 2008; Daviault, 2011). Au départ, les phrases sont sommaires et les flexions sont parfois absentes (Cloutier, 2005). Toutefois, la syntaxe se met rapidement en place et l’enfant construit des phrases de plus en plus complexes. Progressivement, le pluriel de certains noms et le temps passé des verbes s’intègrent au langage (Bouchard, 2008). Cependant, il peut y avoir une surgénéralisation des règles : l’enfant tend à employer les règles grammaticales ou les règles de syntaxe en ne tenant pas compte des exceptions (Boyd et Bee, 2017; Daviault, 2011 Papalia et Martorell, 2018). La surgénéralisation est présente tout au long de cette période.

Dès l’âge de 2 ans, l’enfant utilise des prépositions marquant la possession et le bénéfice comme « à », « de » et « pour ». Il utilise aussi les pronoms possessifs tels « mon » et « mien » ainsi que des pronoms personnels comme « je » ou « elle ». Il devient aussi capable d’accorder les déterminants avec le nom. Il renvoie à lui-même en utilisant le mot « moi ». Vers l’âge de 30 mois, il utilise des adverbes de lieu comme « dedans », « dessus », « devant » et « derrière » (Florin, 1999). De plus, d’autres adjectifs sont maintenant présents dans son vocabulaire tels « gros », « grand » et « petit » (Beauchemin, Martin et Ménard, 2000).

Vers l’âge de 3 ans, l’enfant se fait comprendre par la plupart des personnes de son entourage et même, de personnes qui lui sont familières. Aussi, il comprend les questions simples et est capable d’y répondre (Bouchard, 2008).

De 3 à 4 ans
À compter de 3 ans, les phrases de l’enfant se complexifient : elles sont généralement constituées de plusieurs mots (Bouchard et Charron, 2008; Boyd et Bee, 2017; Beauchemin, Martin et Ménard, 2000). Il devient donc plus difficile d’évaluer la production langagière à cet âge en ce qui concerne le nombre de mots utilisés (Bouchard et Charron, 2008; Daviault, 2011). Le langage est fonctionnel et la syntaxe ressemble de plus en plus à celle des adultes. L’enfant sait distinguer les catégories grammaticales tels les adjectifs et les pronoms, par exemple (Cloutier, 2005). Vers l’âge de 40 mois, des adverbes de lieu, comme « sur », « sous », « près de » et « en », font leur apparition. Il utilise aussi des pronoms possessifs comme « ton », « tien », « son » et « sien ». Il ajoute de nouveaux pronoms personnels à son répertoire : « vous », « me », « te », « nous » et « on ». L’enfant est maintenant capable d’accorder en nombre les déterminants avec le nom (Florin, 1999). Autour de l’âge de 4 ans, il commence à utiliser la forme future des verbes (Bouchard et Charron, 2008; Boyd et Bee, 2017). De plus en plus curieux, il pose de nombreuses questions en utilisant des pronoms interrogatifs tels « qui » et « quoi » (Bouchard et Charron, 2008). Les petits de cet âge font aussi des erreurs de sémantique et confondent parfois les sons des mots.

Du point de vue de la pragmatique, les intentions de communication évoluent elles aussi. Comme le jeune utilise des formes interrogatives, les conversations s’allongent. L’enfant commence à respecter les tours de parole. Il développe aussi sa compétence à raconter des histoires qui portent sur des événements passés plus ou moins récents (Bouchard et Charron, 2008). C’est aussi à cet âge qu’il commence à utiliser des formes argumentatives, par exemple l’insulte ou la menace pour résoudre des conflits (Florin, 1999). Il est aussi habile dans l’utilisation des formules de politesse et dans le décodage des messages indirects (Bouchard et Charron, 2008).

De 4 à 5 ans
L’enfant a un vocabulaire de plus en plus étendu et ses phrases sont de plus en plus complexes. En effet, entre l’âge de 4 et 6 ans, « l’enfant acquiert entre 800 et 1 000 mots par année » (Bouchard et Charron, 2008, p. 372). Mais il ne comprend toujours pas les phrases à la forme passive. Vers 6 ou 7 ans, elles feront leur apparition, et vers 9 ou 10 ans, leur compréhension sera totale (Florin, 1999). À compter de l’âge de 4 ans, l’enfant peut utiliser tous les pronoms personnels et les adverbes de temps tels « hier », « aujourd’hui », « demain », « maintenant », « tout à l’heure », etc. Les conjonctions de coordination s’intègrent progressivement dans son langage, de même que de nouvelles prépositions interrogatives comme « quand », « comment » ou « pourquoi » (Beauchemin, Martin et Ménard, 2000). Toujours curieux, l’enfant veut connaitre le sens des mots. Il fait encore des erreurs sémantiques et utilise les mots dans différents contextes pour en vérifier le sens.

À cet âge, l’aspect pragmatique du langage évolue aussi. L’enfant peut maintenant respecter l’alternance des tours de parole et il signale à son interlocuteur qu’il l’écoute en faisant des signes de la tête, par exemple. Il engage la conversation, établit des relations, utilise les formules de politesse et s’affirme en utilisant le langage. Il adapte son langage à son interlocuteur. Bref, il intègre les règles socioculturelles concernant le langage (Bouchard et Charron, 2008). Au point de vue des conduites argumentatives, l’enfant est maintenant apte à utiliser des justifications : il intègre des éléments factuels ou énumère des faits (Florin, 1999). L’enfant de cet âge saisit très bien que le langage a plusieurs fonctions, dont établir des relations, diriger des actions, servir d’outil pour s’affirmer ou pour décrire des objets ou des événements (Bouchard et Charron, 2008).

Références

Beauchemin, M., Martin, S. et Ménard, S. (2000). Les apprentissages des sons et des phrases : un trésor à découvrir. Montréal, Québec : Éditions du CHU Sainte-Justine.

Bouchard, C. (2008). Je communique : le développement du langage et de la littéracie de 0 à 3 ans. Dans C. Bouchard (dir.) et N. Fréchette (collab.), Le développement global de l’enfant de 0 à 5 ans en contextes éducatifs. Québec, Québec : Les Presses de l’Université du Québec.

Bouchard, C. et Charron, A. (2008). Je m'exprime : le développement du langage et de la littéracie de 3 à 5 ans. Dans C. Bouchard (dir.) et N. Fréchette (collab.), Le développement global de l’enfant de 0 à 5 ans en contextes éducatifs. Québec, Québec : Les Presses de l’Université du Québec.

Boyd, D. et Bee, H. (2017). Les âges de la vie (5e éd.). Saint-Laurent, Québec : ERPI.

Cloutier, R. (2005). Langage et culture. Dans R. Cloutier, P. Gosselin et P. Tap, Psychologie de l'enfant (2e éd.). Montréal, Québec : Gaëtan Morin éditeur-Chenelière éducation.

Daviault, D. (2011). L’émergence et le développement du langage chez l’enfant. Montréal, Québec : Chenelière éducation.

Florin, A. (1999). Le développement du langage. Paris, France : Dunod.

Auteur(s): 

Nathalie Fréchette, Paul Morissette

Date de parution ou dernière mise à jour: 

2018-08-20

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