Évolution de l'attachement chez Jules, de 4 à 13 mois

Évolution de l'attachement chez Jules, de 4 à 13 mois

Vidéo : Évolution de l'attachement chez Jules, de 4 à 13 mois
Vidéo : Évolution de l'attachement chez Jules, de 4 à 13 mois
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Évolution de l'attachement chez Jules, de 4 à 13 mois

Vidéo / 0-2 ans / Développement social et affectif, Attachement, Interaction avec les adultes

La théorie de l’attachement a été proposée par Bowlby. Il supposait qu’au cours des premiers mois de la vie, les bébés développaient un lien affectif très fort avec l’adulte qui s’occupait d’eux, en général leur mère. C’est auprès de cette figure d’attachement que les enfants se sentiraient en sécurité et chercheraient le réconfort. S’inspirant des recherches de Harlow sur les primates, Bowlby affirmait que ce besoin d’affection et de sécurité était encore plus important que le besoin de nourriture. La personne significative qui s’occupe de l’enfant ne serait donc pas seulement une figure nourricière. Ce lien serait d’une importance primordiale, car il servirait de modèle aux relations affectives futures de l’enfant.

La théorie suppose que ce lien serait visible par un ensemble de comportements d’attachement apparaissant vers l’âge de 6 à 8 mois. À cet âge, les bébés montrent une résistance à la séparation, c’est-à-dire qu’ils peuvent manifester de la détresse lorsque leur figure d’attachement les quitte, surtout dans un environnement peu familier. Ils démontrent aussi une méfiance envers les étrangers, c’est-à-dire les adultes qu’ils connaissent peu. Enfin, en situation de stress ou de peur, ils cherchent activement la présence de leur figure d’attachement pour se faire rassurer. Aucun de ces comportements n’est visible chez des bébés plus jeunes.

Dans le premier extrait, on voit Jules, âgé de 4 mois, qui accepte sans problème de demeurer seul avec deux étrangers et d'être pris dans leurs bras. Il fera même un sourire à l'un d'eux. Au retour de sa mère, il semble content de la voir, mais ne manifeste pas de soulagement particulier. À 7 mois, ses réactions demeurent les mêmes. Lorsque sa mère quitte la pièce et qu'il demeure seul avec l'étranger, il ne montre aucune crainte (il est en fait plus intéressé au départ à regarder la caméra). Il n'a pas de réactions particulières au retour de sa mère. À 10 mois, Jules est toujours sociable avec les étrangers, mais pour autant que sa mère soit visible. Lorsqu'elle s'éloigne, il la cherche du regard et semble inquiet. À son retour, il refuse de quitter ses bras pour être pris par la personne avec qui il est peu familier. À 11 mois, malgré des sourires et un intérêt pour la personne avec qui il est moins familier, il refuse de s'éloigner de son père, qui est alors sa base de sécurité. Il acceptera de s'approcher de l'étrangère seulement si une de ses figures d'attachement, sa mère, l'accompagne. Lorsque celle-ci fait mine de s'éloigner, il retourne dans ses bras. Même chose lorsque l'étrangère veut lui tenir les mains. La même incertitude face à l'étrangère se manifeste lorsqu'elle lui offre un cadeau. À 13 mois, la même réserve se manifeste face à l'étrangère : Jules lui sourit, mais il demeure collé sur sa mère. L'évolution des comportements d'attachement de Jules illustre bien certains aspects de la théorie de l'attachement. Premièrement, l'absence de réserve face aux étrangers, de 4 et 7 mois. Puis, avec le temps, des réactions plus marquées face à eux et un besoin d'être rassuré par ses figures d'attachement, qui se manifeste par une recherche active de proximité avec elles (Fréchette et Morissette, 2008).

Auteur(s): 

Nathalie Fréchette et Paul Morissette

Ayant(s) droit: 

CCDMD

Date de parution ou dernière mise à jour: 

2011-11-04

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