Évolution du jeu chez l’enfant

Évolution du jeu chez l’enfant

Évolution du jeu chez l’enfant

Texte théorique / 0-2 ans, 2-5 ans, 5-12 ans / Développement social et affectif, Habilité sociale, Régulation des émotions, Jeu, Jeu associatif, Jeu à règles, Jeu parallèle, Jeu symbolique

Le jeu occupe une grande place dans le développement de l’enfant. Ferland (2002, p. 33) le définit comme « une attitude subjective où le plaisir, la curiosité, le sens de l’humour et la spontanéité se côtoient, qui se traduit par une conduite choisie librement et pour laquelle aucun rendement n’est attendu ». Source d’apprentissages, le jeu permet aussi à l’enfant de s’amuser, tout simplement.

Le jeu touche à plusieurs aspects du développement de l’enfant, favorisant ainsi son développement global. Il peut stimuler les sens, développer la motricité, aider à acquérir des habiletés cognitives, affectives et sociales. Ceci explique son importance dans les programmes éducatifs (Papalia et Martorell, 2018).

Il est possible de classer le jeu dans quatre catégories en fonction de la complexité cognitive. Jusqu’à l’âge de 1 an, le jeu fonctionnel est prédominant. Appelé aussi jeu sensorimoteur, il s’agit de mouvements simples et répétés qui peuvent se faire avec ou sans objet (Boyd et Bee, 2017; Bouchard et Fréchette, 2008; Cloutier, Gosselin et Tap, 2005).

Autour de 1 an apparait le jeu de construction (Boyd et Bee, 2017). Dans ce type de jeu, l’enfant utilise des matériaux « pour construire ou créer des objets » (Bouchard et Fréchette, 2008, p. 278). Les jeux de construction occuperaient la moitié du temps de jeu des enfants qui sont âgés de 3 ans (Boyd et Bee, 2017).

Le jeu symbolique ou de simulation, quant à lui, est un jeu de « faire semblant » dans lequel l’enfant utilise sa fantaisie et son imagination (Boyd et Bee, 2017; Bouchard et Fréchette, 2008; Cloutier, Gosselin et Tap, 2005). Il semble que le jeu symbolique favorise le développement de la théorie de l’esprit, surtout si l’enfant joue avec d’autres enfants. Ce jeu prend son envol autour de 15 mois et c’est entre 2 et 3 ans que l’enfant donne de nouvelles fonctions aux objets (Boyd et Bee, 2017).

Finalement, vers l’âge de 5 à 6 ans arrive le jeu régi par des règles (Boyd et Bee, 2017), bien que des enfants plus jeunes puissent s’y adonner de façon moins complexe et pour de plus petites périodes. C’est un jeu « avec des règles, une structure et un objectif comme la victoire » (Papalia et Martorell, 2018, p. 191). Il arrive que les enfants consacrent plus de temps à établir les règles et les modalités qu’au jeu lui-même. Il peut s’agir, par exemple, du jeu de serpents et échelles, de la marelle ou de la cachette.

Le jeu peut aussi être catégorisé en fonction du niveau d’interactions sociales qui s’y manifestent plutôt que par sa complexité cognitive. En premier, on retrouve le jeu solitaire. L’enfant joue seul, de son côté, avec des jouets différents de ceux qui sont utilisés par ses camarades (Boyd et Bee, 2017).

Autour de l’âge de 14-18 mois apparait le jeu parallèle, où le niveau d’interactions augmente légèrement (Boyd et Bee, 2017). Dans le jeu parallèle, « les enfants jouent au même type de jeu, mais sans interaction continue » (Bouchard et Fréchette, 2008, p. 286). Ils vont cependant montrer leur intérêt mutuel par le regard ou des vocalisations (Boyd et Bee, 2017).

Vers l’âge de 18 mois, l’enfant adopte progressivement le jeu d’association. Par exemple, les enfants peuvent parler les uns aux autres, se prêter des jouets, jouer de façon identique. Dans ce type de jeu, les interactions sont encore de courte durée, car les enfants ne sont pas organisés et n’agissent pas dans un but commun (Bee et Boyd, 2007; Papalia et Martorell, 2018). Ensuite, entre 3 et 4 ans, c’est dans le jeu coopératif que l’organisation et la poursuite d’un but commun font leur apparition. Les enfants collaborent pour atteindre un objectif tel que la construction d’un château de sable, par exemple (Boyd et Bee, 2017).

Finalement, le jeu de compétition est un autre type de jeu où l’enfant peut interagir avec les autres. Ici, l’enfant « se mesure à lui-même ou aux autres, dans le but de faire preuve d’une plus grande habileté » (Bouchard et Fréchette, 2008, p. 287).

Bien que les paragraphes qui précèdent présentent une évolution des interactions sociales dans le jeu en fonction de l’âge, il faut se rappeler que plusieurs de ces types de jeux peuvent coexister au même âge (Bouchard et Fréchette, 2008). En particulier, on observe du jeu solitaire à tous les âges. En tant que tel, le choix de ce type de jeu par des enfants plus âgés n’est pas un indice de problème de développement, à moins que ce soit provoqué par des causes comme du rejet ou une timidité excessive (Papalia et Martorell, 2018).

Références

Bouchard, C. et Fréchette, N. (2008). Je socialise : le développement socioaffectif de 3 à 5 ans. Dans C. Bouchard (dir.) et N. Fréchette (collab.), Le développement global de l’enfant de 0 à 5 ans en contextes éducatifs. Québec, Québec : Les Presses de l’Université du Québec.

Boyd, D. et Bee, H. (2017). Les âges de la vie (5e éd.). Montréal, Québec : ERPI

Cloutier, R., Gosselin, P. et Tap, P. (2005). Psychologie de l'enfant (2e éd.). Montréal, Québec : Gaëtan Morin éditeur-Chenelière éducation.

Ferland, F. (2002). Et si on jouait? Le jeu chez l’enfant de la naissance à six ans. Montréal, Québec : Éditions du CHU Sainte-Justine.

Papalia, D. E. et Martorell, G. (2018). Psychologie du développement de l’enfant (9e éd.). Montréal, Québec : Chenelière éducation.

Auteur(s): 

Nathalie Fréchette, Paul Morissette

Date de parution ou dernière mise à jour: 

2018-08-20

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